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PoulpStory

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PoulpStory, le Blog d'une Fille qui Ralentit

Au fond du puits

Au fond du puits

Quand vous tombez au fond d'un puits, le plus violent n'est pas la chute.

Car elle se dessine au ralentit, vous avez le temps d'appréhender le point d'impact, d'analyser la nature du sol.

Non, le plus difficile, c'est la sortie.

Cette prison sans lumière, ce sarcophage sans vie pourrait être votre dernière demeure. Mais elle ne le sera pas. Car vous aimez trop la vie pour cela. Par fierté, par orgueil, ce serait trop bête de finir ainsi. La rage au ventre, vous sondez toutes les issues possibles. Même les plus improbables. La plus évidente se trouvant au dessus de votre tête. Lâchez prise et se laisser porter par une force plus grande que soi. Cette lumière est faible mais indique le chemin vers la sortie.

Mais comment l'atteindre?

Les parois lisses n'offrent aucune prise. En regardant vers le puits de lumière, vous apercevez des mains tendues. Des mains amies qui vous envoient un peu de leurs forces pour vous aider. Des mains glissantes aussi, bien huilées, auxquelles s'accrocher est peine perdue. En faire la différence, dans cette période d'ombre, est difficile. Mais nullement impossible. Il suffit d'écouter son cœur. Si vous ne le sentez pas, inutile d'insister. Le cœur saura de lui-même reconnaître les mains amies.

Et puis il y a les cordes qu'on vous envoie. Vous ne savez pas vraiment qui se trouve à l'autre bout, ni pourquoi. Alors vous tentez. Mais la corde est truffée de lames acérées. De clous rouillés, des tessons aiguisés. Essayer d'y grimper, c'est s'auto-flageller. Le besoin de reconnaissance, l'envie d'être aimé, l'instabilité peuvent être la source de ce fil qui tente d'être tissé. S'agripper aux nœuds qui y sont noués est dangereux. Pansez vos plaies avant de remonter la pente. Vous n'avez pas à vous en infliger de nouvelles uniquement parce que vous allez être sauvé pour de mauvaises raisons.

La corde semble le moyen le plus simple et le plus rapide, mais il n'est pas le plus fiable.

Dans mon trou, j'ai rencontré beaucoup plus de mains amies. Elles m'aident à sortir vers la lumière, pas à pas. A stabiliser mon chemin. A construire un plancher solide sur lequel me relever.

C'est plus long, mais revenir à une posture debout n'a jamais été une question de vitesse.

Trouver son équilibre et savoir le garder n'est pas possible sans les béquilles de l'Amitié.

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MissYon 04/09/2015 15:10

Bravo ! je suis touchée par ce beau texte. Très bien imagé !

Poulpy 09/09/2015 22:06

Merci beaucoup!

Marion Nette 14/03/2015 02:04

Ptn, mais c'est tellement ça. j'aurais pas mieux écrit, même avec mes tripes.
Je l'ai lu 10 fois avant de trouver les mots mais je le sort comme ça.
Tu as quand même oubliée une catégorie d'enculé (pardonne le terme, je viens du Médoc et c'est le mot le plus approprié) qui te jette une corde, propre, et sèche, mais qui la déroule au fur et à mesure que tu monte. T'a l'impression de gravir le mont Blanc.
Oui, il y a un tri à faire quand on vois la lumière.
Je t'embrasse
Marion.

AMANN 12/03/2015 12:04

Et une échelle, ça ne t'aiderait pas ? ;-)
Bisous