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PoulpStory

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PoulpStory, le Blog d'une Fille qui Ralentit

Comment réduire les antidépresseurs?

Comment réduire les antidépresseurs?

On les connaît tous de nom, ces pilules du bonheur.

Certains d'entre nous en prennent régulièrement, d'autres font tout pour les éviter.

Mais en parler, cela reste tabou. Parce que ce serait accepter que l'humain peut ne pas aller bien.

Et bien vous savez quoi? C'est notre droit le plus naturel, d'aller mal. Pour moi, accepter de ne pas aller bien, c'est écouter son corps. Et prendre en compte les messages que notre corps nous envoie est le plus beau cadeau que l'on puisse lui faire. Gratitude et humilité.

Dans quelques mois, je m'apprête à changer de métier pour devenir thérapeute bien-être. Et lorsqu'on l'on décide de travailler dans les médecines douces, il y a un tas de nouveaux concepts qui peuvent sembler aberrants pour notre société occidentale actuelle.

De ma part position de malade ET de réflexologue, je ne vous dirais pas que les antidépresseurs, c'est nul. Que c'est dangereux, contre-nature, asservissant, blablabla.

Parce qu'en tant que malade, j'ai choisi d'en prendre. J'ai décidé en conscience que je travaillerais avec le combo antidépresseur + psychologie CC + gestion des émotions. Lorsque j'ai demandé à ma psy si je pouvais guérir sans médoc, elle m'a dit que c'était possible. Mais que cela prendrait trois fois plus de temps. A l'aube de la trentaine, je me suis dit que je n'allais pas galérer toute ma vie. Le naturel c'est bien, mais on vit en 2016, alors pourquoi ne pas utiliser les méthodes de notre temps, pour une fois? ;)

Elle m'a aussi rassurée sur le fait que je ne risquait pas de devenir dépendante. Après une semaine, l'électrochoc fit enfin effet, et je me décidais à gober ma première pilule magique. Je ne ferais pas état ici des épreuves que j'ai subit durant la phase de réglage de posologie, ni les premières crises d'angoisse liées au traitement. Aujourd'hui, je voudrais simplement vous parler de comment je m'y prend pour réduire les doses.

Il ne s'agit pas d'une méthode médicale, ni d'une technique validée par d'autres. Il s'agit de mon chemin personnel, de ma propre expérimentation et de mes discussions avec mon médecin traitant. Je le dis, au cas où certains lecteurs songeraient à arrêter leur traitement sur un coup de tête: les conséquences peuvent être grave et le travail fastidieux déjà réalisé... à reprendre depuis le début! Et perso, c'est trop douloureux pour recommencer une nouvelle fois!

Dans les premiers temps, j'étais à 15mg de Séroplex. Cela ne me convenait pas. Il a fallu, avec l'aide mon médecin, se décider pour prendre le médoc le soir avant de dormir. Ca n'allait pas non plus, nous avons redescendu la posologie à 10mg au moment du coucher. Bingo! J'ai passé presque un an comme cela. Avec beaucoup de siestes. Et de nombreuses expériences que je vous ai relaté dans ce blog.

Puis mon étape de reconversion professionnelle arrivant à sa partie pratique, mon état comateux m'a un peu effrayé: comment apprendre avec un cerveau en léthargie perpétuelle? Me jugeant stable, mon doc a été ok pour baisser à 5mg. Ce fût pénible. Très pénible. Parce que j'avais la sensation de revenir en arrière. Un ami pharmacien m'a dit que c'était un des phénomènes du sevrage. COMMENT?

Personne ne m'avait parlé de cette période difficile à passer!! Mais pourquoi donc? Pas de polémique non plus, mais cette expérience fut pour moi très marquante. Après moultes recherches sur le web, et de nombreuses lectures de témoignages, effectivement, il est possible de réduire mg par mg. Mais en France visiblement, ce n'est pas commun.

Bon et alors? Je m'en sors comment? D'abord j'a prévenu les amis que j'allais de nouveau être instable. Et je me suis astreinte à la méditation quotidienne. Ce fût non pas une béquille, mais un pieds à l'étrier. Parce qu'à 30 piges, il n'était pas envisageable pour moi d'ingérer un antidépresseur par jour jusqu'à la fin de ma vie. Nop. Même pas en rêve. Je me suis mise dans cette galère toute seule, je vais tout faire pour m'en sortir. Ma vie a déjà changé, il ne me restait plus qu'à trouvé une discipline que je pourrais tenir jusqu'à mes 80 balais.

Méditation donc. Sous différentes formes.

Ma formation maintenant touche à sa fin. Je vais de mieux en mieux. On commence à parler de la fin du traitement avec mon médecin. Je sais que j'en ai encore pour un an. Je suis ok avec ça. Le plus gros est passé. La prochaine étape sera de ne prendre le cachet qu'un jour sur deux. En attendant, je me prépare. Je me remet au sport sérieusement. Car c'est un antidépresseur naturel, et en plus ça fait une jolie silhouette. A choisir, je préfère avoir un beau cul et le bosser 1 heure par jour, plutôt que de trimballer un popotin de limace et siester 3 heures par jour. Vraiment.

Voilà donc mon programme pour supprimer complètement les médicaments: du sport, de l'activité physique, de la méditation, des balades en forêt, de la danse.

Aux gens "normaux", qui ne sont pas tombés dans l'enfer de la dépression ou du burn out comme ce fût mon cas, cela peut paraître évident. Croyez-moi, ça ne l'est pas. J'ai toujours fait du sport avant, à mon petit niveau, certes, mais j'ai toujours été active. Au moment où, à cause de ma surcharge de travail, je n'ai plus eut le temps de pratiquer régulièrement, la machine infernale s'est emballée.

Alors faire du sport oui, mais je sais que je devrais être vigilante à ne pas en faire trop non plus. Sinon, je risque d'être en manque. Et la spirale peut de nouveau se mettre en branle.

Tout est une question d'équilibre. Pour la perfectionniste que je suis, cette compréhension est salvatrice. Ne dit-on pas que le mieux est l'ennemi du bien? Aujourd'hui, je m'applique à faire bien le peu que je fais. En conscience. En résonnance avec chacune de mes cellules. Pour le mieux, je fais confiance à mon corps. Je sais que d'ici la prochaine fois, il aura progressé. C'est à lui que je laisse cette marge de manœuvre.

Et j'accueille avec joie chacun de mes petits pas. Lentement mais sûrement. En restant vigilante, car j'ai compris qu'il suffisait d'un moment d'inattention pour de nouveau déraper.

Finalement, c'est peut-être ça le seul vrai sport de tout une vie: comprendre que la seule règle du jeu, c'est d'être ici et maintenant.

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MonoCroc 22/06/2016 11:44

Ton billet m'a interpellée. C'est vrai qu'il est difficile d'avouer que l'on ne va pas bien.
En ce qui me concerne j'ai toujours été instable, je n'ai jamais réellement été bien. Mais je n'ai jamais voulu prendre d'antidépresseur. Sans pour autant juger celles & ceux qui en prennent, attention. C'est un avis très personnel, je ne prends quasiment jamais de médicament quel qu'il soit (exception pour le paracétamol si j'ai une vraie douleur persistante mais c'est tout.) Du coup j'ai toujours essayé de m'en sortir seule. Puis j'ai craqué très violemment il y a quelques mois. Arrêt d'un mois pour être sûre de ne mordre personne (littéralement), bref, le bordel. Depuis je revois ma psy' de temps en temps mais je crois avoir trouvé comment aller mieux. Par les mots mais pas ceux échangés avec ma psy, ceux de mon frère. C'est une longue histoire & on s'en fiche, simplement j'avais envie d'apporter mon p'tit témoignage de la nana instable & tordue qui a finalement réussi à s'en sortir (enfin presque, on espère !) sans cachets :))
Et si toi ils t'ont aidé, tant mieux aussi ! :) Parce que tu as le bon état d'esprit aussi quand je te lis. Tu ne te laisses pas abattre. Tu vas moins vite, mais à ton rythme, & c'est ça qui compte.

Poulpy 22/06/2016 19:01

Merci pour ton partage.
Vu que tu es nouvelle ici, si tu lis les articles du blog à rebours, tu tomberas certainement sur des articles écrits au plus fort de la maladie. Ca peut être un sujet d'expérimentation sympa ;)
Oui je vais lentement, mais c'est ce qui me va, finalement. Je vais nettement mieux depuis que j'ai arrêté de courir après le vent! ;)

BGM59 09/05/2016 15:35

Oui, tout est une question d'équilibre.... J'avais commencé lors de mon burn-out il y a 3 ans avec du Sérolpex, mais ma psy a changé pour du Prozac car le Séroplex ne m'allait pas du tout. Avec le Prozac, pas de souci, je l'ai très bien supporté, c'est le regard des autres qui était bizarre quand je leur disait que j'étais sous Prozac : même mon mari m'a dit : "Ah! quand même!", l'air de dire c'est vachement sérieux ton truc....Et sur l'avis de ma psy car j'allais mieux, je l'ai arrêté en douceur sur une période de plusieurs mois, et ça va de mieux en mieux! Mais je ne reste pas sans rien faire! Je fais des activités qui m'intéressent à mon rythme, du bénévolat qui me refait prendre confiance en moi, et surtout remettre l'humain au centre de beaucoup de choses! Bref, j'ai retrouvé un équilibre dans ma nouvelle vie, je sais aussi dire non et m'affirmer davantage! Et c'est maintenant que je me rends vraiment compte que ça ne pouvait pas coller avec ma vie d'avant : un boulot de dingue pour lequel je n'était pas faite (les séances de psy ça aide!), les heures de bouchon dans les transports, et une hiérarchie assez inhumaine. De plus, je n'avais plus le temps pour faire des choses que j'aime, et tout simplement prendre le temps de.... Ma supérieure hiérarchique (une vraie peau de vache) vient d'être mise enfin au placard, pour moi, c'est trop tard mais je suis contente pour ceux qui restent et qui sont "tombés" aussi comme des mouches pour certains. En 3 ans, il y a vraiment eu une prise de conscience du burn-out dans certaines entreprises : enfin!
Tout ça pour dire que ça peut arriver à tout le monde et qu'il n'y a pas de souci à prendre du Prozac, Séroplex....Et que tout est une question d'équilibre!
Bon courage et bonne chance, tu tiens le bon bout!
Béné

Poulpy 24/05/2016 08:10

Bonjour Béné, merci pour ce retour d'expérience.
L'important au final, c'est que l'on arrive à trouver notre rythme, et ne plus subir celui imposé par notre société moderne.
Bonne continuation également! :)

KMiye 09/05/2016 14:02

Inspirant <3

Poulpy 24/05/2016 08:10

Merci :)